Cette rubrique vous indique les différents sites remarquables sur notre territoire communal.

S'ils sont exceptionnels, ils ne sont pas les seuls endroits qui attireront votre attention dans notre

environnement. Le village de Rigny-Ussé offre un panel varié de paysages où il fait bon se promener...

 Que ce soit au bord  de l'Indre ou de la Loire, en forêt où se cachent de nombreux chevreuils et

sangliers, ou bien dans le village bordé de maisons de tuffeau, chaque espace communal

permet de goûter à la douceur tourangelle légendaire.

Les sites remarquables

Nous vous souhaitons une bonne visite virtuelle, espérons que celle-ci vous donnera l'envie

de venir sur notre commune, pour voir notamment :

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Les endroits que nous vous proposons de survoler possèdent des sites officiels très détaillés,

élaborés par les propriétaires ou associations. Il suffit de "cliquer" sur le lien que nous vous

indiquons.

IMG0792bismodifi1 Notre-Dame de Rigny

Extrait de l’ouvrage Beaux Villages de Touraine de Jean-Marie Couderc (éditions CLD, 1990)

Nombre de Tourangeaux ne connaissent de Rigny-Ussé que la route de la vallée de l’Indre qui, après avoir traversé le village d’Ussé les mène au célèbre château.Or, dans un vallon secret et attachant, se dissimule la vieille église romane de Rigny, celle-là même où Louis XI faisait célébrer de nombreuses messes quand il séjournait à Forges ou Bonaventure. Les historiens ont même montré qu’en un an (d’octobre 1478 à septembre 1479), il avait fait 18 offrandes à l’église Notre-Dame de Rigny pour la somme considérable de 339 écus d’or. En venant de l’est, l’accès au vallon se fait sur la gauche avant d’arriver à Ussé, mais Rigny n’est signalé que par un petit panneau de hameau.

Le nom de la commune de Rigny-Ussé s’explique par la désertion graduelle de l’ancien chef-lieu de la paroisse, né autour du sanctuaire Notre-Dame de Rigny dans un vallon montant vers la forêt de Chinon ; abandon au profit d’Ussé qui s’est peu à peu développé à proximité du château. La collégiale castrale devint église paroissiale vers1657. Au XVIII e siècle, les deux paroisses coexistaient, mais un projet de transfert était formulé dès 1701. L’assemblée des notables de la paroisse avait rédigé une requête à l’Archevêque et à l’intendant : « Les mauvais chemins rendent notre église inaccessible. Elle est dans une mauvaise situation, étant dans un fond entre deux montagnes… Les murs sont tous verts d’humidité… Tout pourrit sur l’autel… [Les fidèles] sont d’ailleurs de moins en moins nombreux. Ils prétendent que l’humidité du Saint-Lieu leur attire des maladies et leur empêche d’envoyer leurs enfants au catéchisme… ». En 1739, l’église était déjà partiellement désertée.

L’histoire de Rigny est celle d’un village peu à peu abandonné parce qu’à l’écart des grandes voies de communication. L’église fut désaffectée en 1860, date de la consécration de celle d’Ussé commencée en 1857. Le presbytère fut démoli en 5 jours en 1856 et reconstruit à Ussé en 36 jours. De l’ancien chef-lieu ne subsistent que 17 demeures anciennes, cachées et échelonnées en six points distincts d’un vallon sinueux, et une église presque solitaire avec seulement deux maisons à proximité. Le charme incontestable de l’édifice est augmenté par le cadre forestier et ce malgré la perturbation qu’apportent actuellement les fouilles de l’ancien cimetière. Les fouilles sont même une chance pour ceux qui, l’été, veulent jeter un coup d’œil à l’intérieur de l’église car, menaçant ruine et étayée, elle est habituellement fermée.

Un édifice était déjà présent en 1139 lorsque le pape en confirma la possession à l’abbaye de Cormery. Il ne peut s’agir du vaste sanctuaire actuel dont la nef peut être datée de la fin du XIIe siècle grâce à ses voûtes angevines, et dont la construction s’est poursuivie au XIIIe siècle. La fouille de l’ancien cimetière a permis de retrouver des massifs de maçonnerie, probables fondations d’arcs-boutants remplacés après coup par des contreforts. Le chevet et le transept ont été modifiés, sans doute au XIVe siècle avec suppression des absidioles romanes au profit d’un chevet plat surmonté d’une terrasse. Cette dernière est couverte d’une élégante charpente en bois qui rappelle beaucoup celle du logis abbatial de Turpenay.La façade occidentale est percée d’une porte en arc brisé à triple voussure au dessus de laquelle s’ouvre une haute et étroite fenêtre en plein cintre elle-même surmontée d’un oculus à remplage ajouré, autant de caractéristiques du XIIIe siècle. Les échafaudages intérieurs ne permettent guère d’admirer la nef unique à trois travées voûtées d’ogives dont les deux premières à voûtes angevines. Seul le bras nord du transept en berceau brisé et la première travée du chœur, en plein cintre remontent au XIIe siècle. Remarquez les peintures du chœur en deux ensembles (XIVe et XVe siècle) ; à gauche, de belles têtes dessinées d’un trait marron ; au sud-est l’enfer et des diables surmontés par des anges. Le retable du XVIIIe siècle, décoré par un artiste local, montre un saint Martin partageant son manteau dans un paysage où l’on peut voir l’église de Rigny.

A la croisée du transept, un escalier descend vers un bassin plein d’eau. Le chanoine Moussé a écrit p. 509 de son gros ouvrage sur les cultes de la Vierge en Touraine : « Au centre est une source intermittente qui coule six heures sur douze et imite ainsi le flux et le reflux de la mer ».

On croyait, à tort, que son niveau suivait les phases de la lune, montant au croissant et descendant au décours. Ceci n’est en fait qu’une belle légende mais on ne peut s’empêcher de songer à la survivance d’une tradition pré-chrétienne liée à une source, à moins qu’il ne s’agisse d’un ancien accès à une crypte condamnée du fait de la remontée de la nappe phréatique… L’eau de la « fontaine » passait pour guérir la colique des petits enfants et pour bien régler les filles. L’église était le siège d’un important pèlerinage à Notre-Dame. Une source écrite du XVe siècle rapporte que la fête de la Marsesche (Notre-Dame de Mars) correspondant à la date de l’Annonciation, le 25 mars, y était célébrée avec solennité. Le pèlerinage est tombé en désuétude avec l’abandon du sanctuaire.

Avant la Révolution, une statue au regard torve représentant la Sainte vierge, les pieds sur un croissant de lune (allusion au cycle lunaire de la fontaine ?), l’enfant Jésus dans ses bras, se trouvait au centre du maître-autel. Sous le Directoire, pour éviter qu’un délégué ne l’emmène « pour mettre fin à des superstitions d’un autre âge », des habitants l’immergèrent. Après le Concordat, on la retira cassée en trois parties ; la tête de l’enfant Jésus ayant disparu, on répara les dégâts et, après un repeint discutable, on plaça la statue derrière une grille, dans l’église d’Ussé, à droite de l’entrée principale.